Sculpture en carton I Mathieu Guilmaire

 

Mathieu GILMAIRE

 

Sculpture en carton

 

 

Huy - Belgique

Dans l’atelier encore imprégné de l’odeur de colle chaude, le carton cesse d’être un simple matériau d’emballage pour devenir une matière vivante, presque organique.

Entre les mains de Mathieu Gilmaire, chaque fragment découpé, chaque arête pliée participe à une construction instinctive où le geste devient langage.

La colle à bois et le pistolet à colle prolongent la main, fixant des tensions, des élans, des équilibres fragiles.

Son travail révèle toute la dualité du carton : matériau pauvre et industriel, mais capable de devenir structure complexe, presque architecturale.

La cannelure y apparaît parfois comme une cicatrice assumée ; ailleurs, elle disparaît sous une peau maîtrisée, transformant la matière jusqu’à brouiller son origine.

Dans certaines œuvres, la symbolique du geste créateur devient centrale.
Les formes semblent naître d’elles-mêmes, comme prises dans un mouvement circulaire et continu.
Une main engendre l’autre, la construction se nourrit de sa propre dynamique, évoquant une boucle organique où création et créateur deviennent indissociables.

Animaux hybrides, structures en mutation, présences suspendues…

Ses sculptures convoquent un imaginaire à la frontière de la nature, de l’architecture et du mythe.

Et pourtant, derrière cette apparente fragilité, une volonté de permanence demeure.
Par le recours possible à la résine ou au vernis, le carton — matériau éphémère — acquiert une forme de résistance paradoxale, comme si l’instant cherchait à survivre au temps.

L’œuvre de Mathieu Gilmaire se situe ainsi entre construction et poésie, entre ruine et apparition, entre matière humble et puissance symbolique.

Une alchimie où le quotidien devient mythe.